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Printemps arabe, influence des réseaux sociaux, nouvelles techniques de reportage…

L’information évolue, le Prix-Bayeux-Calvados décrypte

Tunisie, Egypte, Libye, Syrie… Le Printemps arabe a marqué l’actualité 2011 et le processus démocratique enclenché se poursuit encore aujourd’hui avec des élections à venir. Inattendu, intense, il est non seulement venu surprendre le monde entier mais il a aussi mis au grand jour de nouvelles formes de mobilisation massive des populations et notamment des jeunes générations contre le pouvoir dictatorial en place, via les réseaux sociaux. Beaucoup l’ont dit « ‘c’est une page de l’histoire du monde arabe qui s’est écrite ». Egalement une nouvelle ère de l’information autour des conflits avec, en première ligne, caméra, stylo ou appareil photo en main : les reporters de guerre.

Nouvelles formes de médias, Printemps arabe… C’est dans ce contexte que le Prix Bayeux Calvados a repris son rôle reconnu et attendu de « décrypteur ». Un moment privilégié pour mieux comprendre le monde qui nous entoure. Radio, TV, presse écrite, photographie, web journalisme… Plus d’une centaine de reporters, présents à Bayeux, ont proposé au public des témoignages et reportages poignants, des documentaires exclusifs. Des liaisons téléphoniques en direct avec les terrains de conflits ont également été réalisées. C’est le Prix Bayeux-Calvados : l’actualité en provenance directe du terrain, avec les reporters, et offerte à une multitude de regards. Celui des passants dans la rue, confrontés à des clichés grand format, celui des spectateurs lors des soirées débats ou encore celui des jeunes, près de 4000 à avoir pris part à l’événement. Salon du livre, forum médias, expositions inédites ont prolongé cette fenêtre ouverte sur l’actualité… Assurément, pour tous, l’espace d’une semaine, le monde nous est paru plus proche et plus concret.

Le Printemps arabe à l’honneur

« En Tunisie, en Egypte, en Libye, en Syrie… Cette révolution arabe a été pour nous, journalistes une leçon d’humilité. Nous ne l’avons pas vu venir ». Les propos sont de Delphine Minoui, grand reporter au Figaro, lors de la soirée spécifique sur le Printemps arabe. En très peu de temps, une vague de contestation et une soif de liberté contagieuses ont gagné ces pays. Des régimes sont tombés, des élections sont à venir, symboles d’une reconstruction en marche vers, espérons-le, plus de démocratie.

Cette 18e édition du Prix Bayeux-Calvados a réservé une large place à ces événements que beaucoup ont qualifié de « page de l’histoire ». Au delà des images publiés dans les magazine ou journaux, une exposition complétée d’une projection extérieure ont mis en avant près d’un millier de clichés issues de différents photographes reconnus ou déjà très talentueux. Une soirée spécifique sur le Printemps arabe a également permis de cerner les caractéristiques, les grands enjeux et l’avenir de ces événements avec les meilleurs spécialistes. Sur le plateau, aux côtés des reporters, un blogger a fait le déplacement de Tunis, un représentant d’Al-Jazeera est également venu de Doha. « Multiplier les points de vue pour que le public se fasse son idée précise de l’actualité : c’est là toute la force du Prix Bayeux Calvados », précise Patrick Gomont, maire de Bayeux.

Il fut bien sûr question du rôle des médias et des réseaux sociaux mais aussi de l’étendu et de l’effet contagion du conflit. Grand moment de la soirée, une liaison radio a été réalisée avec un journaliste au Yémen, alors même que l’une de ses représentantes vient d’obtenir le prix Nobel de la Paix. Les spectateurs, venus nombreux chercher des éclairages, ont apprécié la qualité des intervenants et se sont largement impliqués dans les échanges.

Nouveaux medias, nouvelles techniques, l’information évolue.

Si le fond est l’essence première du reportage, la forme et l’influence des technologies jouent également un rôle de plus en plus important. Ce Prix Bayeux-Calvados s’est largement attaché à le démontrer.

Internet, Facebook, Twitter ou encore des téléphones portables qui deviennent des armes de mobilisation et de témoignages impressionnants… Le Printemps arabe en est la parfaite illustration : les dictateurs doivent faire face à des outils de mobilisation qui les dépassent. « Au pays des hiéroglyphes c’est l’arobase qui a fait chuté Moubarak » a-t-on pu entendre dans les médias. La question reste ouverte. Ce qui est sûr, c’est que l’information autour des conflits est entrée dans une nouvelle ère au sein de laquelle le reporter préserve son rôle essentiel de rapporteur de faits. Blogger, reporter, Le Prix Bayeux a souligné la différence. Les réseaux sociaux sont devenus une source incontournable d’information complémentaire mais aussi forcément partisane. L’objectif, lui, est commun  : le combat pour la liberté et la démocratie.

L’évolution des moyens d’informations, c’est aussi pour le reporter lui-même de nouvelles techniques de diffusion et de réalisation de son reportage. Côté diffusion, la création cette année d’un nouveau prix du Web journalisme en est l’écho. Les reporters utilisent de plus en plus la toile pour valoriser leur reportages et des documentaires. Côté réalisation du reportage, l’évolution des techniques joue un rôle essentiel. La soirée-projection du jeudi soir autour du film « Hell and back again » version longue du reportage TV lauréat l’an dernier, en a apporté un exemple significatif. Diffusé pour la première fois en France, construit à l’aide d’une simple petite caméra embarquée par le reporter, ce reportage suit la vie de soldats américains depuis leur départ en Afghanistan, jusqu’à leur retour au pays. Le dispositif technique est léger et le rendu, d’une qualité « cinématographique », est saisissant. Le reporter prend les mêmes risques que les soldats et embarque avec lui le spectateur sur le terrain. On dirait de la fiction mais c’est bien réel et ce fut là tout l’enjeu aussi du débat avec le public. « Un faux débat » pour Patrick Chauvel, présent sur le plateau « Si la technique nous sert, tant mieux. Ce qui importe, c’est d’emmener le spectateur dans notre histoire sans ajouter d’effets, se rapprocher au plus prêt des gens qui nous écoutent, nous lisent ou nous regardent. C’est aussi cela que les populations civiles victimes, attendent de nous ». Une chose est sûre : les spectateurs ont été embarqués dans ce film. Un documentaire, une nouvelle fois exclusif. C’est bien là aussi ce qui fait du Prix Bayeux Calvados un événement international. 

Le palmarès

La Libye, thème principal

Au cœur de la programmation du prix, le Printemps arabe fut également  le sujet principal des reportages sélectionnés cette année. TV, radio, presse écrite, photo, web journalisme…  6 des 10 prix attribués concernent les événements en Libye. Des reportages en Aghanistan et en République démocratique du Congo ont également fait l’objet de récompenses.

De nombreux médias récompensés

Noor, Metro magazine, France Info, Sky News, Frontline Club-Al Jazeera, l’AFP, France 24, Paris Match... Sur 10 prix attribués, 8 l’ont été pour des medias différents. Le reflet de toute la richesse et la qualité des reportages reçus. Une nouvelle fois le Prix Bayeux confirme son envergure internationale et professionnelle.

A noter deux doublés qui confirment aussi l’œil de plus en plus avisé du public comme des jeunes.

L’un pour Noor dans la catégorie Photo. Jury professionnel et jury public ont fait le même choix, en faveur d’un reportage en Libye.

L’autre pour Sky news. Cette fois ce sont les lycéens qui ont fait le même choix que le jury professionnel, en récompensant un reportage sur la bataille de Zaouia, en Libye.

En presse écrite, on s’est éloigné des terrains du Printemps arabe pour récompenser un reportage en Afghanistan et un autre au Congo. En radio, le reportage « Tripoli Street, 17 avril» d’Etienne Monin, de France Info, présent aux côté des combattants libyens lors de l’une des plus importantes offensives, a été particulièrement apprécié du jury.

Dans la catégorie Jeune reporter, ce sont les dépêches sur la révolution libyenne, de Sara Hussein, qui ont retenu l’attention du jury professionnel.

 

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Palmarès 2011

 

CATÉGORIE PHOTO - JURY INTERNATIONAL
1er Prix - Yuri KOZYREV - NOOR - Dépêches de Lybie - LIBYE
2e Prix - Pedro PARDO - AFP - La guerre des cartels - MEXIQUE
3e Prix - Rebecca BLACKWELL - ASSOCIATED PRESS - Guerre urbaine - CÔTE D'IVOIRE

 

CATÉGORIE PRESSE ÉCRITE - JURY INTERNATIONAL
1er Prix - Jon STEPHENSON - METRO MAGAZINE - Eyes wide shut - AFGHANISTAN
2e Prix - Jean-Philippe REMY - LE MONDE - De la bata à la chute de Laurent Gbabo - CÔTE D'IVOIRE
3e Prix - Mariana GREPINET - PARIS MATCH - Les femmes violées de Luvungi - RD du CONGO 

CATÉGORIE RADIO - JURY INTERNATIONAL
1er Prix - Etienne MONIN - FRANCE INFO - Tripoli Street 17 avril - LIBYE
2e Prix - Hugh SYKES - BBC - Orchestre irakien - IRAK
3e Prix - Richard PLACE - FRANCE INFO - Sur la route de la guerre - LIBYE

CATÉGORIE TV - JURY INTERNATIONAL
1er Prix - Alex CRAWFORD - SKY NEWS - La bataille de Zaouia - LIBYE
2e Prix - Olivier SANTICCHI - TF1 - Tunisie, le chaos - TUNISIE
3e Prix - Marie COLVIN et Paul CONROY - THE SUNDAY TIMES - Mission impossible à Misrata - LIBYE 

CATÉGORIE TV GRAND FORMAT - JURY INTERNATIONAL
1er Prix - Vaughan SMITH - Frontline Club / Al Jazeera - Blood and Dust - AFGHANISTAN

CATÉGORIE JEUNE REPORTER - JURY INTERNATIONAL
1er Prix - Sara HUSSEIN - AFP - La révolution libyenne - LIBYE

CATÉGORIE WEB JOURNALISME - JURY INTERNATIONAL
1er Prix - Sarah LEDUC et Zoé LAMAZOU - FRANCE 24 - Congo, la paix violée - RD du CONGO

CATÉGORIE TV - PRIX FONDATION VARENNE DES LYCÉENS DE BASSE-NORMANDIE
1er Prix - Alex CRAWFORD - SKY NEWS - La bataille de Zaouia - LIBYE
 

CATÉGORIE PRESSE ÉCRITE - PRIX OUEST-FRANCE - JEAN MARIN
1er Prix - Mariana GREPINET - PARIS MATCH - Les femmes violées de Luvungi - RD du CONGO  

CATÉGORIE PHOTO - JURY PUBLIC
1er Prix - Yuri KOZYREV - NOOR - Dépêches de Lybie - LIBYE
 

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